Carnaval de Dunkerque 2026

Bande de Malo - Malo-les-bains, Dunkerquois - 22/02/2026, 20h

Dunkerque vous connaissez ? Le Nord du Nord de notre pays, le 59 juste avant la Belgique, le 3ème port Français après Marseille et Le Havre, et l’un des ports les plus importants d’Europe. Une ville super industrielle comme Le Nord sait les faire, mais qui brille culturellement par … son carnaval !

D’ailleurs pour comprendre le phénomène, on devrait plutôt dire SES carnavals, car ne pensez surtout pas que le carnaval de Dunkerque se tient tel ou tel jour de l’année. Non le carnaval dans le Dunkerquois, c’est la fête tous les week-ends de mi-janvier à fin avril !!!! Alors oui il y a des weeks-ends plus emblématiques que d’autres, des temps forts comme le lancer de harengs depuis le balcon de la mairie mais dans la pratique, une fête aussi longue et aussi déjantée n’a aucun équivalent en France. Plus de 3 mois de délire collectif, qui vous épuisent votre solde de Congés Payés pour des phases de repos bien méritées avant même que les beaux jours ne soient arrivés …

Petit cours de carnaval pour les non-initiés :

Je ne vais pas vous faire un cours d’histoire et vous raconter les origines du carnaval, le corsaire Jean Bart et ses exploits etc, vous trouverez ça partout sur le Web et auprès de votre ami ChatGPT, mais pour décrire ce qui se passe aujourd’hui pendant le carnaval, il vous faut un peu de vocabulaire local.

Chaque week-end, et parfois même en pleine semaine, la séquence carnavalesque comprend :

Les chapelles : les habitants qui « font chapelle » ouvrent les portes de leurs maisons à tous les « carnavaleux ». Ils offrent boisson à volonté (surtout) et collations (parfois) à … tout le monde. Imaginez : vous décidez un samedi après-midi de convier tous les passants à venir faire la fête chez vous ! C’est ça faire chapelle, accueillir tout le monde en musique pour faire le fête dans votre salon. Ou dans votre garage, si vous êtes raisonnable, et que vous ne voulez pas passer 3 jours à nettoyer tout le carnage avant de pouvoir reprendre une vie normale. Alors bien sûr, en tant que participant, vous pouvez enchaîner les chapelles, personne n’est obligé d’en faire qu’une seule. Dans la pratique, les amis d’amis d’amis d’amis s’y retrouvent, ce qui fait qu’au final une chapelle c’est complètement blindé, et que même si tout le monde est déguisé, tout le monde se (re)connaît à Dunkerque.

L’avant-bal : les samedis, dès la fin d’après-midi et avant le bal, les bars des environs accueillent les carnavaleux qui ne sont pas en chapelle. C’est déjà l’occasion de faire une sacrée fiesta avant de se diriger vers le lieu du bal de la semaine.

Les bals : souvent le samedi soir, après les chapelles de l’après-midi et les avant-bal, les bals officiels ouvrent leurs portes en musique et des milliers de carnavaleux y viennent faire la fête et boire des coups dans la grande salle de la ville organisatrice (le « Kursaal » pour Dunkerque). On peut réserver des tables VIP pour profiter du spectacle général, ou simplement se fondre dans la foule et y participer brutalement. Parce que oui, ça peut être un peu viril parfois de se retrouver serré comme des sardines (harengs ?) dans un bal rempli de milliers de gens déguisés qui chantent des chansons paillardes :-)

Les bandes : généralement le dimanche, c’est le défilé des carnavaleux dans la ville, en fanfare, et qui sont surtout connues pour le fameux chahut, qui consiste à se serrer très fort les uns contre les autres pour sauter et avancer au rythme des airs traditionnels de la fanfare. Je vous le dis tout de suite, c’est pas fait pour tout le monde !

Le rigodon final : la bande défile dans la ville et se termine sur une grande place, la place Jean Bart à Dunkerque, pour terminer en cercle lors du rigodon final, qui termine la bande. Des milliers et des milliers de personnes en cercle qui chantent les airs traditionnels, ça donne un moment fort très intense et plein d’émotions.

Pour un photographe, le (les) carnaval est un régal. Des couleurs incroyables, des émotions intenses, des rires et même des larmes, il y a de quoi faire des livres et des livres, qui d’ailleurs existent déjà partout en librairie, et des reportages que vous avez déjà vus sur les chaînes nationales.

Cette année comme les précédentes, on va dire que je faisais plutôt partie de la fête :-) et je n’étais pas trop à mon activité de photographie : du coup je ne vous livre que quelques clichés dans la rubrique EMOTIØN(S) de ce mois-ci. Mais j’ai le projet de couvrir l’évènement beaucoup plus sérieusement l’année prochaine. D’abord ça fera au moins un mec sérieux dans les environs, et puis j’aimerais bien aborder la chose par l’histoire des gens qui le vivent, ce que ça représente pour eux, d’où ça vient tout ça, plutôt que des milliers de photos de gens déguisés.

Mais bon même si c’est uniquement pour la qualité graphique des déguisements et des bandes, le carnaval de Dunkerque pour les photographes de rue : c’est incontournable !

Au final il faut le vivre pour le croire : toute une ville de gens déguisés qui prennent le bus pour se rendre à la bande et qui se mettent à défiler, des dockers, des avocats, des notaires, des ouvriers … plus aucune distinction sociale et des habitants (et des touristes) qui ne sont là que pour passer un bon moment en célébrant la tradition de leur ville. Ça force le respect et l’admiration !

Allez-y, pas tout seul, c’est mieux si vous êtes avec des Dunkerquois de souche, mais allez voir ce que c’est que la véritable fiesta à l’échelle d’une région toute entière. Las Vegas à côté, paraît bien fade, et j’y suis allé aussi ! :-)

Sébastien

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